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Un énorme merci ! 27/04/2013

Un grand merci à toutes et à tous pour votre soutien !
 
Malgré l'inactivité du blog depuis maintenant presque 2 ans, vous êtes toujours aussi nombreux à me laisser des commentaires d'encouragement mais également pour apporter plus de précisions et d'information à propos des différents sujets qui sont abordés tout au long de ce blog.

Alors mille fois MERCI !
 
Pour celles et ceux qui le souhaitent, vous pouvez m'écrire directement à mon adresse mail suivante : madeinknky@hotmail.fr. Je vous répondrai dès que je peux et avec le plus de précision possible.
 
 
Bonne visite et vive la Nouvelle-Calédonie !
 
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BiENVENUE! 16/10/2006

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PETIT SOMMAIRE
Cliquez sur le titre pour accéder directement à la page ou à l'article voulu


[PAGE 1]
Sommaire
ESPACE PUB
Présentation
Situation géographique
Tour de l'île
LECON D'HiSTOiRE: DE LA COLONiSATiON AUX "ÉVÈNEMENTS"
Ataï, le révolutionnaire kanak
Accords de Nouméa
LA POPULATiON
Les 3 provinces


[PAGE 2]
LES LANGUES VERNACULAiRES
L'aire Xaracùù
LA COUTUME: LE C¼UR DE LA CULTURE KANAK
Nouméa, la capitale
L'Anse-Vata
L'artisanat calédonien
LA FAUNE & LA FLORE CALÉDONiENNES
La hache ostensoir
La Poule de Hienghène
LE CAGOU


[PAGE 3]
LE NiCKEL: NOTRE OR VERT
Le C½ur de Voh
Le Bonhomme de Bourail
La baie de Prony
LE DRAPEAU KANAKY
Ouvéa, l'île la plus proche du paradis
La cascade de Ciu
Le Bac de la Ouaième
Le cricket
LA CASE TRADiTiONNELLE


[PAGE 4]
NOTRE LAGON
La Mosquée de Bourail
La Cathédrale de Nouméa
Le Temple de Nouméa
CLiN D'¼iL A WALLiS & FUTUNA
Le notou
La roussette
LE BOUGNA
Coucher de soleil sur Nouméa
Lever du soleil dans la chaîne


[PAGE 5]
Petite pause avant de repartir
LE MÉTiSSAGE DE L'iLE
Les cyclones
Les vers de bancoul
Les goyaves
La pomme kanak
EXPRiMEZ VOUS!
Parlons musique!
Une petite carte postale
LE CENTRE CULTUREL TJiBAOU


[PAGE 6]
Les caldoches
Le tricot rayé
La raie manta
LA BROUSSE EN FOLiE!
Le barrage de Yaté
Poissons du lagon calédonien
La Brousse
Commerces de Brousse
La passe de Poé
LA POLLUTiON


[PAGE 7]
Le billet de 500 FCFP
Le billet de 1 000 FCFP
Le billet de 5 000 FCFP
Le billet de 10 000 FCFP
Les pièces de monnaie
Le Surf
Le Mégalodon
LE GECKO
La Baie des Tortues
Nos couchers de soleil


[PAGE 8]
La Côte Blanche & son FAMEUX concours de sono
LES "KABYLES" DU PACiFiQUE
AirCalin
Une hibiscus en direct de Nouméa!
COUP DE GUEULE!
Le Mwa Kaa
Le Chien Bleu (journal satirique calédonien)
Christian Karembeu: ambassadeur de la NC
Le bambou gravé
LE PiLOU, NOTRE DANSE TRADiTiONNELLE


[PAGE 9]
L'igname dans la culture kanak
"Compil" de plusieurs fruits & légumes
LE KANEKA: NOTRE MUSiQUE LOCALE
Nos radios calédoniennes
La piscine naturelle de l'Ile des Pins
TÉA KANAKÉ: LA LÉGENDE DU PREMiER HOMME
Donnez vos avis en répondant à un p'tit sondage
Le pain marmite de chez nouz'otes!
Le niaouli!
BiENVENUE EN PROViNCE NORD


[PAGE 10]
Les petites bonnes choses à manger!
LA NUMBER ONE: LA BiÈRE LOCALE
Le cannabis
LES SQUATS CALÉDONiENS
La robe mission ou robe popinée
Dico calédonien: A à B
Dico calédonien: C à F
Dico calédonien: G à N
Dico calédonien: O à T
Dico calédonien: U à Z


[PAGE 11]
Pillage du lagon
LA MONNAiE KANAK
Le tourisme en Nouvelle-Calédonie
Le nautilus
LNC: Les Nouvelles Calédoniennes
Le désastre de Vale Inco
LE FESTiVAL "MELANESiA 2000"
5 recettes calédoniennes
Le tatouage
LE BALLON ROND EN CALÉDONiE


[PAGE 12]
Louise Michel, une communarde de Paris qui a défendu la cause kanak
REJOIGNEZ-NOUS SUR WAT, YOUTUBE, FACEBOOK & TWITTER
"Chez Nadette", le 1er sitcom 100% calédonien =D
Le toutoute
-])o([-
LES ASSOCiATiONS CALÉDONiENNES EN FRANCE
L'identité calédonienne
Les XIVe Jeux du Pacifique
L'ordre et la morale, le film
HYMNE OFFiCiEL CALÉDONiEN!





MÈÈCi XÖRU DE VOTRE ViSiTE ^^





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ESPACE PUB! 15/02/2008



MERCi À CEUX QUi ME CRÉENT DES LiENS DANS LEUR BLOG, À MES FANS
& CEUX QUi ME LAiSSENT DES COMMENTAiRES ^^'





♥ ♥ ♥ ♥


[Désolée de ne pas mettre souvent le blog à jour... Olé à tous!]






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P'tite présentation... 16/10/2006

Bah voilà, je vous présente mon petit coin de paradis : la Nouvelle Calédonie ! Bien loin de la Métropole ... 22 000 km pour être précise ! Comme on dit, ce n'est pas la porte à côté !

Pour moi, vivre en Calédonie est la plus belle chose qu'il m'ai été donné de faire. Pour rien au monde je ne quitterai ce petit écrin de bonheur ! Pour certains, c'est peut être le bout du monde mais pour moi, c'est simplement mon "chez moi". Beaucoup de gens n'apprécient pas vraiment le fait d'habiter ici mais je crois qu'ils passent à côté de beaucoup de choses. J'avoue qu'aux premiers abords, on a pas l'air sympathique mais en fait, au fond, on a un grand coeur, il faut juste savoir le toucher. Les mentalités sont spéciales mais c'est du fait de la colonisation et de toutes les choses qui ont pu se produire sur notre Territoire. Mais nous restons quand même un peuple chaleureux bordé par le Pacifique et qui est né sous les alizés. Partagez alors avec moi la passion pour cette île du bout du monde !

Sur un plan un peu plus personnel, je m'appelle Davy et je serai votre hôte pour ce voyage en Nouvelle-Calédonie ! J'espère pouvoir vous transmettre mon amour pour mon île aussi fidèlement que possible !


Alors à tous, je vous souhaite la BiENVENUE!


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C'est où la Calédonie ? 16/10/2006

La Nouvelle-Calédonie (ou Calédonie tout simplement) c'est une p'tite île niché dans le creux du Pacifique entre l'Australie & la Nouvelle Zélande. Elle fait partie de la Mélanésie. Vous allez sûrement me demander "c'est quoi la Mélanésie ?" LOL!

Le Pacifique a été peuplé par vagues successives venant directement de l'Asie du Sud-Est. Ainsi, les "colons" ont d'abord peuplé la Micronésie, la Mélanésie & enfin la Polynésie. La Micronésie est constitué de toutes ces p'tites îles que sont les Marshalls, les Mariannes (avec sa fosse océanique qui est la plus profonde au monde) etc. La Mélanésie c'est le Vanuatu, la Nouvelle Calédonie, la Papouasie Nouvelle Guinée etc. La Polynésie (sa c'est hyper connu LOL!) c'est Tahiti, Hawaii, l'Ile de Pâques, Aotearoa (Nouvelle-Zélande), Wallis & Futuna, les îles Samoa, les îles Tonga, Fidji etc.


& toi ? Quel est ton pays ?

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Petit tour géographique de l'île 17/10/2006

La Calédonie, c'est la Grande Terre & les 3 Iles Loyautés. Appelée affectueusement le "Caillou", l'île principale fait près de 400 km de long sur 50 de large. Elle est traversée d'une longue chaîne de montagnes et offre toutes sortes de paysages aussi fascinants les uns que les autres. La Calédonie c'est ainsi 33 communes étalées sur tout le territoire (dans l'ordre alphabétique) :

Belep
Boulouparis
Bourail
Canala
Dumbéa
Farino
Hienghène
Houaïlou
Ile des Pins
Kaala-Gomen
Koné
Kouaoua
Koumac
La Foa
Lifou
Maré
Moindou
Mont-Dore
Nouméa
Ouégoa
Ouvéa
Païta
Poindimié
Ponérihouen
Pouébo
Pouembout
Poum
Poya
Sarraméa
Thio
Touho
Voh
& Yaté

Réparties en 3 grandes Provinces (Province Sud ; Province Nord ; Province des Iles) depuis les Accords de Matignon en 1988, ces communes s'articulent autour de la capitale : Nouméa. C'est le coeur économique & c'est là où se concentrent évidemment toutes les grandes activités.


Dis moi d'où tu viens!

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Un peu d'histoire ! 17/10/2006

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L'île fut découverte par l'explorateur anglais James COOK. Vous me direz que c'est pas vraiment très étonnant vu qu'il a découvert presque toutes les îles du Pacifique LOL!

Enfin bref, donc le 4 septembre 1774, COOK accoste donc dans le nord de l'île confondant les pins & les colonnes de lindéralique (calcaire noir) avec les mâts d'un bateau. Il baptise ainsi cette terre non repertoriée NEW CALEDONIA en souvenir de son pays natal l'Ecosse (CALEDONIA étant le nom latin de l'Ecosse). Il rencontra les 1ers habitants de l'île : les Kanaks. L'île ne suscite pas grand intérêt pour les navigateurs anglais car l'Australie et la Nouvelle-Zélande semblent être plus intéressants que cette terre qui ne semble avoir aucunes ressources. Ce sont plutôt les français qui s'y intéressent de près : LAPEROUSE, D'ENTRECASTEAUX etc.

Comme vous savez tous (enfin j'espère LOL!), qui dit colonisation, dit forcément évangélisation. Les Français catholiques & les Anglais protestants se livraient donc une bataille acharnée pour évangéliser ces nouveaux peuples. C'est pourquoi aujourd'hui ceux de la Grande Terre sont d'obédience catholique tandis que ceux des Iles sont d'obédience protestants.



La colonisation

C'est à partir de 1853 avec la prise de possession de l'île le 24 septembre (aussi appelé "jour de deuil pour le peuple kanak" car c'est ce jour là qu'il a perdu tous ses droits) que commence une vague de colonisation pionnère. Les terres les plus fertiles ont été confisquées par les colons. Comme dans ts les pays où les colons se sont installés, le peuple kanak a subi le régime de l'indigénat. Cette "loi" privait donc les Kanaks de tous leurs droits. Ils n'avaient plus le droit de pratiquer leurs rituels traditionnels (considérés comme de la sorcellerie), plus droit de circuler ailleurs que dans leur réserve... Ils n'avaient que le droit de se taire. Ca été un vrai massacre (ce qui ne change pas vraiment d'une colonie à l'autre, non ?). Plusieurs révolutions ont éclatés à travers le pays. En 1878, le chef ATAÏ réunit plusieurs tribus pour une ultime insurrection mais elle s'est soldée par la mort de ce dernier, tué par des kanaks (sa tête est conservée à Paris dans un bocal de formol !).

Considérée comme terre lointaine par les souverains de l'époque, la Calédonie a été longtemps une terre de bagne accueillant les opposants au pouvoir en place (Commune de Paris). C'est pourquoi aujourd'hui, nous retrouvons des descendants d'insurgés français mais aussi arabes (notamment kabyles) entre autres.

Dans les années 30, un groupe de Kanaks (hommes/femmes/enfants) a été emmené à Paris pour l'exposition internationale de 1931. Ils ont été exposés comme de véritables bêtes sauvages enfermés dans des cages et ont été exposés aux Parisiens comme des vulgaires animaux ramenés d'une quelconque expédition.



La 2nde Guerre Mondiale et le début de la décolonisation

Pendant la 2nde Guerre Mondiale, plusieurs Kanaks ont participé au débarquement en Normandie et ont fait partie des rangs dans la bataille de Verdun. La Nouvelle-Calédonie était aussi le dernier point stratégique dans le Pacifique afin de stopper les Japonais ! C'est pourquoi plusieurs milliers d'américains ont débarqué & ont mis en place la construction d'aérodromes ainsi que d'équipements de défense (canons au Ouen Toro, etc).

La Seconde Guerre mondiale marque aussi le début du processus de décolonisation. Le code de l'Indigénat est finalement aboli successivement par l'ordonnance du 7 mars 1944 (suppression du statut pénal de l'indigénat), la loi Lamine Guèye du 7 avril 1946 (nationalité française pleine et entière à tous les Français, indigènes compris) et le statut du 20 septembre 1947 (égalité politique et accès égal aux institutions). Les Kanaks obtiennent alors la liberté de circulation, de propriété, et leurs droits civils. Les Kanaks accèdent donc théoriquement au droit de vote en 1946, mais celui-ci ne sera que progressivement appliqué et reconnu du fait d'un débat local sur la possibilité de créer un double collège électoral : seulement 267 membres de l'élite mélanésienne (chefs coutumiers, anciens combattants ou religieux tels que curés, diacres ou pasteurs) obtiennent effectivement le droit de voter en 1946, puis la loi du 23 mai 1951 élargissant le collège électoral indigènes dans les territoires d'outre-mer permet à 60 % des Mélanésiens en âge de voter d'y accéder et enfin le suffrage universel est pleinement mis en place par le décret du 22 juillet 1957.

La Nouvelle-Calédonie est alors un territoire d'Outre Mer que les lois cadres dites Defferre de 1957 amènent vers plus d'autonomie. Mais alors qu'un mouvement de décolonisation s'amorce dans les autres colonies françaises au début des années 1960, le processus connaît pour la Nouvelle-Calédonie et les autres territoires français du Pacifique un brutal coup d'arrêt revenant sur l'essentiel des lois cadres : en 1963 le Conseil de Gouvernement est placé sous l'autorité du Gouverneur et en 1968, la loi Billotte retire à l'Assemblée territoriale de Nouvelle-Calédonie l'essentiel de ses pouvoirs, entre autres sur le nickel.

De plus, le retour à une forte croissance de la population kanak à partir de 1945 (et tout particulièrement à compter des années 1960) pousse les autorités métropolitaines à encourager l'émigration vers l'île, notamment en provenance des îles de Wallis-et-Futuna. Cette immigration est facilitée par le boum du nickel qui offre aux arrivants une perspective économique souriante. Entre 1969 et 1976, la population de l'île s'accroît de plus de 20 % avec près de 20 000 nouveaux immigrants. Si les Kanaks sont toujours plus nombreux que les Européens (environ 55 000 Mélanésiens contre 50 000 « blancs » en 1976), ils ne sont toutefois pas majoritaires, en raison de la présence d'autres communautés allogènes (26 000) : Asiatiques, Polynésiens, dont tout particulièrement des Wallisiens.


Les années 80

L'histoire de la Calédonie a été encore marquée par LES évènements des années 80. Époque de révolution, cette période reste la plus sanglante. Avec l'élection de François Mitterrand en 1981, le Front Indépendantiste se rapproche du Parti socialiste métropolitain et les attentes indépendantistes se font plus pressantes, comme en témoignent les négociations de Nainville-les-Roches en 1983 lors desquelles le FI demande l'organisation d'un référendum d'autodétermination auquel ne participerait que les Kanaks.

En 1984, mécontent du nouveau statut préparé par le secrétaire d'État à l'Outre-mer socialiste Georges Lemoine et de l'évolution de certains dossiers sensibles (notamment sur le plan foncier), le Front de libération national kanak socialiste (FLNKS), qui remplace le Front indépendantiste, décide de boycotter les élections territoriales, dresse des barrages sur les routes, met en place un « Gouvernement provisoire de Kanaky » présidé par Jean-Marie Tjibaou avec pour but de préparer l'« Indépendance kanak socialiste » (IKS) et chasse des éleveurs Caldoches de leurs exploitations (tout particulièrement sur la côte est, à Canala-Thio notamment). C'est le point de départ de quatre années de conflits politiques et ethniques appelées les « Évènements » (1984-1988). La mort du secrétaire général de l'Union calédonienne, et chef de l'aile radicale de ce parti, Éloi Machoro, le 12 janvier 1985, envenime la situation, les affrontements entre opposants et partisans de l'indépendance dégénérant bientôt en une véritable guerre civile, le gouvernement central décidant d'instaurer l'état d'urgence et le couvre-feu de janvier à juin 1985.

Des radicaux des deux camps forment alors des milices qui s'affrontent violemment, et les gouvernements successifs échouent à rétablir le calme, des familles de « broussards » sont attaquées et de violentes émeutes éclatent à Nouméa contre les possessions de certains leaders indépendantistes comme l'ancien député Maurice Lenormand en réaction à la mort d'un jeune Calédonien d'origine européenne de 17 ans, Yves Tual. La violence culmine en 1988 avec la prise d'otages d'Ouvéa : des indépendantistes radicaux prennent en otage des gendarmes sur l'île d'Ouvéa. Le 5 mai 1988, à quelques heures du second tour de l'élection présidentielle entre François Mitterrand et son premier ministre, Jacques Chirac, l'assaut par le GIGN, l'EPIGN, le 11e Choc et le commando Hubert de la grotte de Gossanah où les gendarmes étaient retenus en otage, baptisé « opération Victor », se solde par la mort de 19 indépendantistes et de deux militaires.

Cet épisode pousse les deux camps et leurs leaders à négocier sous la médiation du Premier ministre Michel Rocard, aboutissant à la signature des Accords de Matignon le 26 juin 1988 prévoyant la mise en place d'un statut transitoire de 10 ans devant se solder sur un référendum d'autodétermination pour que les Calédoniens se prononcent pour ou contre l'indépendance.

Le 4 mai 1989, sur l'île d'Ouvéa, le président du FLNKS (indépendantiste), Jean-Marie Tjibaou, et son secrétaire-général, Yeiwéné Yeiwéné, étaient assassinés. Leur meurtrier, Djubelly Wéa, un ancien pasteur et ancien militant du PALIKA, reprochait aux deux hommes d'avoir signé en juin 1988 les accords de Matignon avec l'État et leurs adversaires anti-indépendantistes du RPCR (Rassemblement pour la Calédonie dans la République).

À l'approche de ce référendum, alors qu'il ne faisait aucun doute, aux vues des résultats des provinciales successives, que le « non » à l'indépendance l'emporterait et pour préserver une paix locale encore fragile, Jacques Lafleur ainsi que le RPCR et les indépendantistes ont décidé de négocier de nouveaux accords avec l'État. L'Accord de Nouméa du 5 mai 1998 prévoit alors la mise en place d'une autonomie forte (avec des transferts progressifs de compétence, seuls les pouvoirs régaliens que sont la sécurité, la justice, le droit général, la monnaie, la politique étrangère), la construction d'un destin commun, la mise en place d'une citoyenneté calédonienne (ouverte aux Français domiciliés en Nouvelle-Calédonie depuis novembre 1998 et à leurs descendants). Cette disposition crée la notion de citoyen héréditaire, jus sanguinis en droit de la nationalité, pour les référendums d'auto-détermination entre 2014 et 2018, les élections provinciales, la défense de la culture kanak.


Tous ces évènements ont forgé l'histoire de notre île et pourtant il nous faut aller de l'avant et pouvoir maintenant construire notre avenir

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Ataï, une figure emblématique kanak 17/10/2008


Si je ne parlais pas d'Ataï, je suis sûre qu'il y en aura qui vont me faire la remarque LOL! Bon là aussi j'ai eu la flemme j'avoue (dis donc cette rédactrice de blog elle est fin fainéante longin LOL!). Bon allez je laisse Wikipédia s'en charger, il explique mieux que moi...enfin je crois =P

_______________________________
 
Ataï est le « grand chef » kanak de Komalé. En 1878 il mène l'insurrection kanak contre les colonisateurs français. Après des victoires importantes qui inquiétent l'administration coloniale, il est tué par un Kanak.
 
L'insurrection de 1878
 
En 1878, il déclare au gouverneur français Olry à Teremba, en déversant d'abord un sac de terre: « Voilà ce que nous avions », et ensuite déversant un sac de pierres: « Voici ce que tu nous laisses ». Au gouverneur qui lui conseille de construire des barrières pour protéger ses cultures des dégâts commis par le bétail des colons, il répond: « Lorsque les taros iront manger les b½ufs, je construirai des barrières. » Ses efforts pour s'entendre avec les Blancs ayant été vains, Ataï choisit la lutte armée.

Le pouvoir colonial réussit à s'assurer le soutien d'autres tribus canaques, en particulier les Baxéa de Canala, contre Ataï et ses partisans. Sans ces auxiliaires, il ne pouvait poursuivre un ennemi qui se fondait dans la nature. L'insurrection met à feu et à sang le centre-ouest de la Grande Terre. Ataï se battra jusqu'à la mort. Il est tué au combat le 1er septembre 1878 à Fonimoulou par un traître canaque, le Canala Segou, de la colonne Le Golleur-Gallet formée de Canaques, de francs-tireurs (des déportés politiques), de Mercury (déportés de droit-commun dirigés par Mercury, un surveillant du bagne).

Louise Michel, déportée sur la presqu'île Ducos à la suite de la Commune au moment des faits, évoque ainsi la mort d'Ataï dans ses célèbres Mémoires:

« Ataï lui-même fut frappé par un traître. Que partout les traîtres soient maudits ! Suivant la loi canaque, un chef ne peut être frappé que par un chef ou par procuration. Noudo, chef vendu aux blancs, donna sa procuration à Segou, en lui remettant les armes qui devaient frapper Ataï. Entre les cases nègres et Amboa, Ataï, avec quelques-uns des siens, regagnait son campement, quand, se détachant des colonnes des blancs, Segou indiqua le grand chef, reconnaissable à la blancheur de neige de ses cheveux. Sa fronde roulée autour de sa tête, tenant de la main droite un sabre de gendarmerie, de la gauche un tomahawk, ayant autour de lui ses trois fils et le barde Andja, qui se servait d'une sagaie comme d'une lance, Ataï fit face à la colonne des blancs. Il aperçut Segou. Ah ! dit-il, te voilà ! Le traître chancela un instant sous le regard du vieux chef ; mais, voulant en finir, il lui lance une sagaie qui lui traverse le bras droit. Ataï, alors, lève le tomahawk qu'il tenait du bras gauche ; ses fils tombent, l'un mort, les autres blessés ; Andja s'élance, criant : tango ! tango ! (maudit ! maudit !) et tombe frappé à mort. Alors, à coups de hache, comme on abat un arbre, Segou frappe Ataï ; il porte la main à sa tête à demi détachée et ce n'est qu'après plusieurs coups encore qu'Ataï est mort. Le cri de mort fut alors poussé par les Canaques, allant comme un écho par les montagnes. [...] Que sur leur mémoire tombe ce chant d'Andja : Le Takata, dans la forêt, a cueilli l'adouéke, l'herbe bouclier, au clair de lune, l'adouéke, l'herbe de guerre, la plante des spectres. Les guerriers se partagent l'adouéke qui rend terrible et charme les blessures. Les esprits soufflent la tempête, les esprits des pères ; ils attendent les braves ; amis ou ennemis, les braves sont les bienvenus par delà la vie. Que ceux qui veulent vivre s'en aillent. Voilà la guerre ; le sang va couler comme l'eau sur la terre ; il faut que l'adouéke soit aussi de sang.»
 
La tête d'Ataï
 
Sa tête qui avait été mise à prix 200 F est conservée dans du formol, montrée à Nouméa puis emportée en métropole. Elle a été étudiée en 1882 par le préparateur du docteur Broca, Théophile Chudzinski, qui a publié le compte rendu de son étude dans la Revue d'Anthropologie de Paris. Il est probable que la tête ait été alors entreposée au Musée Broca qui se trouvait à l'époque dans les combles du Musée Dupuytren (ancien couvent des Cordeliers).

Un buste d'Ataï et d'Andja (Takata, c'est-à-dire sorcier-guerisseur d'Ataï) ont été exposés au premier étage, travée nord de l'exposition du ministère de l'instruction publique. S'y trouvait aussi un écorché de la tête d'Ataï ainsi que sa main.

Aujourd'hui, alors que les Kanaks continuent de revendiquer son retour au pays, elle est officiellement perdue. Un roman de Didier Daeninckx, "Le Retour d'Ataï" évoque cette quête et propose une explication plutôt romanesque du devenir des restes d'Ataï.

Cependant, nouveau rebondissement : à la fin de juin 2011, la tête aurait été (re)découverte dans les réserves du Musée de l'Homme, à Paris ! Pour la petite histoire, en 1952, le crâne et le masque sont cédés avec toutes les collections de la société d'anthropologie au Muséum d'histoire naturelle, dont fait partie le musée de l'Homme. Celui-ci n'a donc jamais eu la tête d'Ataï. Comme le musée avait sa propre collection aucune recherche n'est alors réalisée sur les pièces récupérées de la société d'anthropologie. Le crâne et le masque sont donc restés dans des caisses jusque dans les années 70, lorsqu'un nouvel inventaire complet a été réalisé et a permis de retrouver la tête d'Ataï.


« Aujourd'hui, on parle beaucoup d'avenir ensemble, mais comment peut-on construire l'avenir ensemble avec des gens qui ont découpé la tête de quelqu'un qui a donné sa vie pour le peuple kanak ? Rendre la tête est un signe d'apaisement et permet la réconciliation »

- Bergé Kawa, descendant d'Ataï et grand chef de Petit Couli -
 
 
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10 ans des Accords de Nouméa 17/05/2008

P'tit cours d'histoire et de droit, ça va rafraîchir la mémoire de certains & apprendre des choses aux autres LOL! Allez bonne lecture =D

__________________________

Les enjeux des accords de Nouméa

Une réalité que vit la NC, depuis l'approbation par référendum par 72% de ses habitants des Accords de Nouméa (1998), c'est que le territoire a obtenu un statut particulier de Pays d'Outre-Mer (POM).

Dans l'histoire de la République Française, aucune collectivité d'Outre-Mer n'avait obtenu cette forme d'organisation politique & administrative de très large autonomie.

Concrètement, les Accords de Nouméa réorganisent administrativement le pays en donnant à l'assemblée délibérante, le congrès, un pouvoir législatif lui permettant de voter les « lois du pays ».

Avec les Accords de Nouméa, la NC obtient donc un statut spécifique en « rupture » avec les formes juridiques traditionnelles des collectivités ultramarines de la République Française (Département et Territoire). De ce fait, ils vont bouleverser les fondements même de la République par un ensemble de réformes constitutionnelles, notamment celles qui prévoient l'instauration d'une citoyenneté calédonienne, d'une nationalité et d'une souveraineté dès 2019 lorsque les dernières compétences (régaliennes) auront été transférées au pays.


Les transferts de compétence

Les Accords de Nouméa précisent que les compétences détenues par l'État seront transférées à la Nouvelle-Calédonie dans les conditions suivantes :

- Certaines seront transférées immédiatement, dès la mise en ½uvre de la nouvelle organisation politique, c'est-à-dire au cours du premier mandat du congrès entre 1999 et 2004: il s'agit du droit à l'emploi local, de la réglementation sur l'entrée des personnes non établies en Nouvelle-Calédonie, notamment pour préserver les professions indépendantes, du droit au travail des ressortissants étrangers, du commerce extérieur, des communications extérieures (OPT), de la navigation et dessertes maritimes internationales, les principes directeurs du droit du travail et de la formation professionnelle, de la médiation pénale coutumière, des règles relatives à administration provinciale, des programmes de l'enseignement primaire, la formation des maître, le contrôle pédagogique, du domaine public maritime, etc.

- D'autres le seront dans des étapes intermédiaires, au cours du second mandat (2004 – 2009) et troisième mandat (2009 – 2014) du Congrès : il s'agit des règles concernant l'état civil, dans le cadre des lois existantes, des règles de police en matières de circulation aérienne et maritime intérieure, du régime comptable et financier des collectivités publiques et de leurs établissements publics, du droit civil et du droit commercial, des principes directeurs de la propriété foncière et des droits réels, de la législation relative à l'enfance délinquance et à l'enfance en danger, de l'enseignement du second degré, des règles applicables aux maîtres de l'enseignement privé sous contrat, etc.

- D'autres seront partagées entre l'État et la Nouvelle-Calédonie. Il s'agit des relations internationales et régionales, la réglementation relative à l'entrée et au séjour des étrangers, à la politique de communication audiovisuelle, au maintient de l'ordre, à la réglementation minière, aux dessertes aériennes internationales, à l'enseignement supérieur et la recherche scientifique.

- Les dernières de caractère régaliennes, ne pourront être transférées qu'à l'issue du quatrième mandat (2014 – 2019) du congrès après consultation électorale. Il s'agit de la justice, de l'ordre public, de la défense, de la monnaie, et des affaires étrangères.

L'Accord de Nouméa est un contrat politique fragile obtenu grâce au volontarisme des principaux acteurs de la vie politique en Nouvelle-Calédonie et de l'État. Le corps électoral en est l'un des points d'équilibre fondamentaux.


Le corps électoral à l'élection aux assemblées de province et au congrès

Selon la même logique que celle des accords de 1988, celui de 1998 prévoit que ne participeront à l'évolution de l'archipel que les électeurs qui ont un lien particulier et un attachement privilégié avec ce territoire, ce qui s'est traduit par la définition d'un corps électoral spécifique à chaque grand moment de l'application du processus de Nouméa.

Il était donc convenu par les signataires que ne pourront voter à partir de 2009, que les personnes arrivées en Nouvelle-Calédonie avant 1998, puisqu'elles seules pourraient soit avoir voté en 1998, soit à la fois avoir dix ans de résidence et être inscrites sur le tableau annexe, ce qui constituait un corps électoral dit « figé ».
Le Conseil d'État, dans un arrêt Sarran de 1998 et la Cour de cassation dans un arrêt Fraisse de 2000, ont estimé que la restriction apportée au corps électoral était possible, dès lors, qu'elle était autorisée par la Constitution.
Les instances internationales ont relevé que le caractère transitoire de l'accord de Nouméa, d'une part, et les justifications historiques et politiques de la situation prise en compte par cet accord, d'autre part, pouvaient justifier de limiter le corps électoral aux citoyens résidant depuis au moins dix ans en Nouvelle-Calédonie. C'est, notamment, tout le sens de l'arrêt Py de janvier 2005 de la Cour européenne des droits de l'homme.
Le corps électoral restreint a été approuvé et constitutionnalisé par le congrès du parlement, dite aussi congrès de Versailles, le 19 février 2007.


Conséquences sur la vie politique en NC

Depuis la défaite du RPCR, aux élections de 2004 à la fin de la première mandature de l'Accord de Nouméa, le parti sous le nouveau sigle du Rassemblement-UMP avec Pierre Frogier son nouveau chef de fil a décidé de contre attaquer la donne politique et économique engagé par le parti dissident et au pouvoir, l'Avenir Ensemble.
Refusant de contrecarrer directement l'Avenir Ensemble, Frogier cherchera un interlocuteur respecté qui pourra redonner à son parti une certaine crédibilité.

Mais pour taquiner le FLNKS, il va falloir viser les points sensibles c'est-à-dire l'usine du Nord et le corps électoral.

Pour l'usine du Nord comme pour le corps électoral, le FLNKS a su garder son sang froid en refusant de rentrer dans une sorte de « débat sans débat », car tout en étant vigilant il garde confiance à l'aboutissement d'une procédure inscrite dans l'Accord de Nouméa et que l'État français s'est porté garant pour le conduire jusqu'à terme.



Quel serait l'avenir de la Calédonie selon vous ?


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La Calédonie c'est aussi une population métissée ! 19/10/2006

Comme vous avez pu le lire, les 1ers habitants de la Calédonie sont les Kanaks (arrivée estimée à 2 000 ans environ si ce n'est pas 3 000). Évidemment, c'est le groupe ethnique le plus important. Mais il y a aussi beaucoup d'ethnies représentées dans toute l'île. Près de 50% de la population ont moins de 25 ans donc vs pouvez constater que la population calédonienne est vraiment très jeune !


Alors il y a donc des caldoches, des wallisiens/futuniens, des javanais, des vietnamiens, des arabes, des chinois, des antillais, des tahitiens, des japonais, des européens, & bien d'autres cultures encore !!


Ce métissage est lié à l'histoire politique & économique du Caillou. En effet, l'arrivée de ces groupes ethniques est due à l'ouverture des mines de nickel (1ère ressource en Nouvelle Calédonie) mais aussi aux besoins éprouvés dans les secteurs de l'élevage, la boucherie, l'agriculture etc. L'économie calédonienne avait besoin d'amorcer un développement & une croissance, c'est pourquoi le pays a été enclin à ouvrir ses frontières dès la fin de la 2nde Guerre mondiale.


La Calédonie, véritable mosaïque culturelle ! De quelle origine es-tu ?


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